La synthèse de mon intervention lors du panel de haut niveau organisé par la structure CJEG (Cercle des Jeunes Élites de Guinée) sur le sujet:
“INTELLIGENCE ARTIFICIELLE DANS LE MONDE PROFESSIONNEL : LEVIER DE PERFORMANCE OU MENACE POUR LES EMPLOIS EXISTANTS ?”
L’IA n’est plus une science-fi
ction, c’est une technologie bien réelle en constante mutation, qui transforme notre société et nos habitudes.
Cette nouvelle intelligence transforme sans doute le travail. Chez les adeptes de l’IA, ils la décrivent comme porteuse de gain de productivité ou encore une diminution du temps de travail, la considérant ainsi comme une sorte de CARBURANT POUR LA MACHINE CAPITALISTE… !
D’autres donnent l’impression que l’IA est une révolution technologique nouvelle, qui viendrait perturber l’ordre établi dans le monde du travail.
Pourtant les systèmes d’IA sont anciens dans le monde du travail. Un des systèmes d’IA qui s’est répandu dans le monde professionnel est ce que l’on appelle les “systèmes experts” : ce sont des logiciels d’IA qui simulent le raisonnement et le savoir-faire d’un spécialiste/expert dans un domaine précis.
En d’autres termes, c’est un programme sur la base de connaissances fournies par un expert au préalable qui sont codifiées dans le but d’apporter des solutions et le système de façon plus ou moins autonome est censé apporter des réponses.
Un exemple de système expert est celui utilisé dans la maintenance de la RATP (Régie Autonome des Transports Parisiens) en France, où un maintenancier pouvait aller plus vite à partir des connaissances qui étaient déjà encodées.
Un autre exemple d’applications connues de ces systèmes experts, c’est dans le domaine de la médecine où un système expert sur la base du savoir-faire d’un médecin spécialiste du traitement des tumeurs cancéreuses par exemple, devait fournir une interprétation, donc un diagnostic et éventuellement un traitement.
La question qui nous est posée : L’IA DANS LE MONDE PROFESSIONNEL, UN LEVIER DE PERFORMANCE OU UNE MENACE POUR LES EMPLOIS EXISTANTS
L’IA est vraisemblablement susceptible de susciter des transformations profondes dans le monde du travail. Pour appréhender véritablement l’impact de cette nouvelle intelligence sur le travail, il faudra faire un distinguo entre les différents types de tâches : à savoir des tâches manuelles d’un côté, des tâches cognitives de l’autre côté mais également des tâches répétitives d’un côté et des tâches non répétitives de l’autre.
Il apparait globalement que les mutations technologiques ont tendance à s’attaquer plus aux tâches surtout répétitives, qu’elles soient manuelles ou qu’elles soient cognitives.
Si l’automatisation (mécanisation) ou la robotique a eu pour conséquence de supprimer les tâches répétitives manuelles. Le numérique et l’IA auront pour but de s’attaquer aux tâches répétitives cognitives à faible valeur ajoutée dans divers métiers. Il n’y a donc pas une suppression d’emplois, il y a surtout la suppression de certaines tâches, car si d’un côté il y a la suppression des tâches dites à faible valeur ajoutée, de l’autre côté il y a le maintien voire l’accroissement des tâches à forte valeur ajoutée.
Cela étant dit, il est en effet très difficile d’estimer de façon très précise le nombre d’emplois potentiellement supprimés par les innovations technologiques comme l’IA.
Parce qu’il faudra prendre en compte plusieurs autres facteurs, comme par exemple : combien d’emplois sont supprimés, et potentiellement aussi combien d’emplois sont créés, il faudra prendre en compte aussi le secteur d’activité, car il pourrait y avoir une disparité entre les métiers donc avec des impacts différents, c’est encore plus compliqué avec cette course effrénée des entreprises à l’amélioration constante de leur productivité, c’est le fameux “gain de productivité”, qui ne sont pas forcément liés aux mutations technologiques mais tout simplement aux changements organisationnels, de nouvelles méthodes de travail, une simplification des processus, l’utilisation d’outils de gestion modernes, etc. il faudra aussi prendre en compte la délocalisation qui a supprimé beaucoup d’emplois dans les pays développés (nantis) mais en a créé énormément d’autres ailleurs.
L’IA est vraisemblablement porteuse de nombreuses opportunités, surtout ce sur l’effet de productivité. Elle peut créer de nouveaux emplois comme toutes les autres technologies à usage général.
Et en même temps elle peut être porteuse de certains risques, comme le fait de transformer les métiers, les emplois en modifiant de façon négative la qualité des emplois ou encore les conditions de travail. Par exemple le cas des secrétaires, des journalistes, ou encore des traducteurs, l’IA notamment générative (cette branche de l’IA capable de créer de nouveaux contenus originaux : textes, images, audio, vidéo, code, en apprenant à partir de données existantes) dépossède ces professions-là d’un geste créatif, le geste d’écriture de textes ou d’articles et le geste de traduction.
Un autre risque serait la potentielle dépendance à des algorithmes dans le cadre du travail, où des algorithmes dicteraient l’organisation du travail, évalueraient les performances des salariés.
Face à tous ces risques, à toutes ces incertitudes et surtout la vitesse à laquelle avance les innovations technologiques mais aussi les mutations numériques et l’IA, seules les connaissances, la faculté d’apprendre très vite et la flexibilité seront des valeurs sûres.
Les données personnelles comme nous les concevons de nos jours seront publiques. Le monde sera ouvert à outrance, les frontières n’existeront plus. Ceux qui s’adapteront à ce monde rapide et ouvert survivront, les autres seront esclaves.
Nous sommes au début du changement humain, les sentiments et les émotions seront secondaires…!
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